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Nous sommes plutôt une famille « normale », on n’a pas de soucis ou de vrais problèmes. Pourtant, l’été passé, notre fille a fait une crise, une dépression. On pensait que tout allait bien, puis à un moment donné, nous l’avons vue en train de pleurer, elle était en détresse totale. Elle nous avait bien caché sa détresse. On ne s’était pas rendu compte. 

D’abord, c’est un choc… J’ai dit à mon fils : « Mais qu’est ce qui se passe, est-ce que tu as des problèmes, un problème avec tes amis, avec une petite amie, à l’école ? »… Il m’a dit : « Non, j’ai peur et je trouve que ma vie est vide, je sens un énorme vide en moi ».  Il ne savait pas vraiment me dire ce qui se passait sauf qu’il avait des idées noires et qu’il pensait qu’il avait besoin d’une aide.

C’est vrai que ma fille était plutôt hermétique. Parfois elle passait pas mal de temps dans sa chambre. On se disait : « C’est normal, c’est une adolescente ». Tout allait bien autour d’elle, les amis, de très bonnes notes à l’école, toujours. Et un jour, elle m’a avoué qu’elle ne se sentait pas bien du tout.  D’abord elle ne voulait pas me dire ce qui se passait, alors j’ai dû insister, et là elle m’a dit « Je sens que je ne veux pas vivre ».

Il ne faut pas laisser passer la détresse de nos enfants, ne pas se dire, il/elle a des idées noires mais c’est l’adolescence, ça va passer. Non, non, il faut demander de l’aide, être attentif, prendre en charge cette souffrance.

Aujourd’hui ma fille va bien. Elle continue à suivre une thérapie en dehors de Malatavie, elle fait ses études, elle a de bonnes notes, elle fait sa vie, elle commence à se sentir plus en confiance avec elle-même. C’est un long chemin, ce n’est pas encore gagné. Parfois je la sens fragile et nous restons attentifs à ce qui se passe autour d’elle. Elle sait qu’elle peut se confier à nous s’il se passe quelque chose. Ce n’est pas toujours facile. Il faut être proche sans l’être trop parce qu’elle a aussi besoin d’être à distance de nous, mais elle va bien, elle va mieux. Elle a 16 ans aujourd’hui.

Parallèlement au soutien apporté à notre fils, mon mari et moi avons nous aussi été pris en charge par une psychologue et ça nous a beaucoup aidés. Ça nous a énormément aidés pour accompagner notre fils, pour comprendre ce qui se passait, pour nous rassurer aussi, car c’était pour nous comme une bombe qui explosait, un bouleversement total. Si je rencontrais des parents dans la même situation que nous, je leur dirais qu’il est essentiel d’appeler pour chercher de l’aide, pour avoir quelqu’un qui les guide, parce qu’il faut être soutenus dans ces situations.

Si chez vous, il y a un adolescent dans la même situation que ma fille, dites lui de faire confiance à la personne qui lui est la plus proche. Peut-être un parent, mais parfois avec les parents, les choses ne se passent pas très bien, alors un oncle, une tante, un ami, un professeur, mais quelqu’un à qui parler, à qui se confier. Je lui dirais de ne pas avoir peur de dire ce qui se passe et de demander de l’aide.

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